La collection Kollwitz de Cologne

La plus grande collection de Kollwitz au monde

Käthe Kollwitz, Couple amoureux, se blotissant l’un contre l’autre, 1909/10, fusain, NT 559 © Käthe Kollwitz Museum Köln 

Le musée Käthe Kollwitz de Cologne, premier musée dédié à l’artiste, a été fondé en 1985 par la Kreissparkasse de Cologne. Depuis 1989, il se situe au dernier étage de la galerie commerciale « Neumarkt Passage » et dispose d’une surface d’exposition de 1000 m2 ainsi que d’un forum pour les événements culturels.

La collection, complétée de manière systématique et continue, représente le plus grand fonds international d’oeuvres de cette artiste exceptionnelle du 20ème siècle. Points forts de la collection sont les dessins de toutes les périodes créatives de l’artiste, dont ses premiers pastels, ses dessins au fusain pour l‘hebdomadaire satirique allemand « Simplicissimus », des études pour d’importantes estampes qui rendent son processus de création intelligible ainsi que quelques-unes des plus belles et des plus expressives oeuvres graphiques de la période tardive, durant laquelle Käthe Kollwitz se consacre principalement au thème de la mort.

En outre, le musée possède l’ensemble des séries d’oeuvres graphiques de l’artiste : Ses premiers cycles « Ein Weberaufstand » (Révolte des tisserands, 1893–1897) et « Bauernkrieg » (Guerre des paysans, 1902–1908), les cycles de gravures sur bois « Krieg » (Guerre, 1921–1922) et « Proletariat » (Prolétariat, 1925) ainsi que la série de lithographies tardives « Tod » (Mort, 1934–1937). À cela s’ajoutent des oeuvres rares comme les lithographies en couleurs réalisées au tournant du 20ème siècle ou bien encore la dernière lithographie datée de 1942, « Saatfrüchte sollen nicht vermahlen werden » (Les graines de semence ne doivent pas être moulues), ultime témoignage de l’opposition de l’artiste à la mort des soldats et à la guerre.

Käthe Kollwitz, Le Volontaires, deuxième feuillet de la série « Guerre », 1921–22, gravure sur bois, Kn 173 © Käthe Kollwitz Museum Köln

Par ailleurs, la collection compte la totalité des affiches que Käthe Kollwitz, fidèle à sa devise « Je veux agir sur cette époque », a réalisées dans les anées vingt et qui témoignent de son engagement contre la guerre, pour plus de justice sociale, d’humanité et de paix dans le monde. 

Toutes les oeuvres sculptées de Käthe Kollwitz exposables en musée sont également réunies dans cette collection: quinze bronzes, avant tout des fontes de très belle qualité réalisées du vivant de l’artiste. De plus, la ville de Cologne offre la possibilité exceptionnelle d’admirer le travail plastique de Kollwitz dans son intégralité : une réplique des « Trauernde Eltern » (Parents en deuil, 1932) est située dans la cour de l’église en ruine de Saint Alban. Au cimetière juif de Köln-Bocklemünd se trouve la pierre tombale de la famille Levy.

Käthe Kollwitz, « Parents en deuil » (Trauernde Eltern, 1932) est située dans la cour de l’église en ruine de Saint Alban © Käthe Kollwitz Museum Köln

D’abord marginalisé par les nazis pendant le ‹ Troisième Reich ›, l’art de Käthe Kollwitz a souvent subit après la Seconde Guerre mondiale une interprétation à forte tendance socialiste, rendant jusque dans les années 70 sa réception difficile auprès du public d’Allemagne Fédérale. De ce fait, le musée Käthe Kollwitz de Cologne se donne pour objectif de permettre une nouvelle approche de l’oeuvre de cette artiste déterminante en mettant en valeur la haute qualité artistique de ses travaux de dessin, de ses estampes et de ses sculptures.

Le musée propose régulièrement des expositions temporaires en rapport avec l’oeuvre de Käthe Kollwitz ainsi que des rétrospectives qui approfondissent des aspects thématiques ou historiques ainsi que ses techniques artistiques.

À l’occasion de son 25ème anniversaire, le musée Käthe Kollwitz de Cologne a abordé pour la première fois l’influence des séjours de l’artiste à Paris sur son travail dans le cadre de l’exposition « Paris m’a envoûtée … Käthe Kollwitz et l’art moderne français ».

Käthe Kollwitz, Femme à l’orange, 1901, eau-forte et aquatinte © Käthe Kollwitz Museum Köln

Avec l’exposition « Histoire(s) de fonte », le musée a célébré son 30ème anniversaire. Cette présentation accompagne la publication du premier catalogue raisonné de l‘oeuvre sculpturale de Käthe Kollwitz et met l’accent sur ses travaux en plâtre, en stuc, en bronze et en zinc. Ce nouvel ouvrage de référence marque une étape déterminante dans la recherche et permet d’appréhender les démarches spécifiques de son travail en trois dimensions telles que la genèse des oeuvres, leur contexte artistique, les conditions de leur production ainsi que l’ensemble des tirages répertoriés.

Le musée de Cologne effectue également des prêts des oeuvres de Käthe Kollwitz afin de promouvoir l’artiste dans les musées du monde entier. De plus, il offre un large spectre d’activités pédagogiques, de concerts, de conférences et de visites guidées.

Informations

Käthe Kollwitz Museum Köln
Neumarkt 18 - 24 / Neumarkt Passage
50667 Cologne
+ 49 (0) 221 / 227-2899
museum@kollwitz.de

Les heures d'ouverture
Mar–Ven de 10h à 18h · Sam / Dim et jour fériés de 11h à 18h

Entrée

5,00 € / réduit 2,00 €

Accès par les transports publics
Depuis la gare centrale avec les lignes 16 et 18 du métro jusqu' à Neumarkt

Accés à pied
Depuis la gare centrale en suivant la Hohe Straße et la Schildergasse, env. 15 minutes


La vie de Käthe Kollwitz (1867-1945)

1867
Née le 8 juillet à Königsberg (Prusse-Orientale)

1885–1889
Études aux écoles d’art pour filles de Berlin et de Munich

1891
Mariage avec le Dr. Karl Kollwitz, qui ouvre un cabinet médical conventionné dans le nord de Berlin

1892
Naissance du fils Hans

1896
Naissance du fils Peter

1898
Le cycle graphique « Révolte des tisserands » (1893–97), inspiré par le drame « Les Tisserands » de Gerhart Hauptmann, amorce la percée artistique de Käthe Kollwitz. Elle enseigne durant cinq années à l’école d’art pour filles de Berlin

Käthe Kollwitz 1906 vor ihrer Radierung »Carmagnole«. Photographie: Philipp Kester. Nachlass Kollwitz © Käthe Kollwitz Museum Köln
Käthe Kollwitz, 1906, avant sa gravure "Carmagnole". Photographie: Philipp Kester © Käthe Kollwitz Museum Köln

1901 et 1904
Séjours d’études à Paris

1907
Séjour d’études de plusieurs mois à la Villa Romana à Florence

1908
Le cycle « Bauernkrieg » (Guerre des paysans, 1902–1908) paraît en tant qu’édition de l’association « Verbindung für historische Kunst » (Fédération pour l’art historique)

1909
Début du travail plastique

1914
Son fils Peter tombe en Flandres en tant que soldat volontaire

1919
Elle est la première femme à entrer à l’Académie prussienne des Arts et se voit décerner en même temps le titre de Professeur. Premières gravures sur bois

1921–1924
Affiches et tracts contre la guerre, la faim et la discrimination sociale

1924
Parution de la série de gravures sur bois « Krieg » (Guerre, 1921–22) 

Käthe Kollwitz, avec 1920 © Käthe Kollwitz Museum Köln

1928 
Direction de la classe supérieur d’art graphique de l’Académie prussienne des Arts de Berlin

1929
Reçoit l’ordre « Pour le Mérite » pour les sciences et les arts, jusque-là réservé aux hommes. Elle en sera déchue par les nazis.

1932
Aboutissement des longues années de travail sur les figures des Parents en deuil, mémorial pour la paix et hommage au fils Peter, qui sera érigé dans le cimetière militaire de Vladslo en Belgique

1933
Après la prise de pouvoir par Hitler, exclusion de l’Académie prussienne des Arts en raison de sa signature d’un appel contre la montée des nazis

1934–1937
Travaille à la série de lithographies « Mort », ainsi qu’à des petites sculptures et à des reliefs

1940
Mort de Karl Kollwitz

1943
Lors d’un bombardement de Berlin, destruction de l’appartement de Käthe Kollwitz et de nombreuses oeuvres

1945
Käthe Kollwitz meurt le 22 avril à Moritzburg près de Dresde