Écrasés, 1901

Eau-forte, pointe sèche, aquatinte et brunissoir, Kn 49

Käthe Kollwitz, Écrasés, 1901, eau-forte, pointe sèche, aquatinte et brunissoir, Kn 49, Collection Kollwitz de Cologne © Käthe Kollwitz Museum Köln

Ici, Käthe Kollwitz reprend le motif de l’eau-forte prévue comme dernière planche du cycle des Tisserands: »Ton sang s’écoule de nombreuses plaies, Ô Peuple«. Dans cette composition en triptyque, la scène centrale est identique. Mais les femmes ne sont plus attachées à gauche et à droite comme dans la planche conclusive, et deux motifs traitant de la situation catastrophique du prolétariat sont rajoutés.

C’est l’artiste qui a découpé la plaque d’impression. Plusieurs éditions du motif »Famille pauvre« (la partie gauche de la planche) ont été imprimées. La mère assise y tient la tête de l'enfant inanimé sur ses genoux. Tout en détournant la tête, l'homme lui tend une corde, symbole de l'unique moyen de sortir de sa situation critique, la mort.

La scène de droite aborde la seule alternative au suicide (du moins pour de nombreuses femmes du prolétariat), la prostitution. Kollwitz ne présente pas cela comme un comportement dépravé ou immoral. La figure désespérée de la femme attachée au poteau montre avec évidence que la détresse et la misère l’ont forcée à ce commerce.

Collection Kollwitz de Cologne © Käthe Kollwitz Museum Köln

Käthe Kollwitz, Écrasés – famille pauvre, scène gauche de la composition originale en trois parties, 1901, eau-forte, pointe sèche, aquatinte et brunissoir, Kn 49bis II A b,

Käthe Kollwitz, Écrasés – cadavre et femme nue au poteau, scène centrale et droite de la composition originale en trois parties, 1901, eau-forte, pointe sèche, aquatinte et brunissoir, Kn 49ter a, Collection Kollwitz de Cologne © Käthe Kollwitz Museum Köln

Käthe Kollwitz, Écrasés – cadavre et femme nue au poteau, scène centrale et droite de la composition originale en trois parties, 1901, eau-forte, pointe sèche, aquatinte et brunissoir, Kn 49ter a